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Hommage à Jean-Michel Boris

Il n’est pas si évident de dire cela d’un homme qui a voué sa vie professionnelle aux variétés : Jean-Michel était un homme cultivé et de culture. Sa réussite personnelle est entière et admirable autant que son engagement pour l’intérêt général, sans tapage et jusqu’à s’oublier. Il aura fortement contribué à faire des variétés une affaire publique acceptant de devenir le premier président du "Fonds de soutien aux variétés" qui ne tardera à devenir un établissement public (le CNV) qui vient de donner naissance récemment au Centre National de la Musique. À qui a eu l’avantage de faire la rencontre de Jean-Michel Boris, sa bienveillance restera un véritable cadeau.

Pour Le Hall de la chanson comme pour moi-même, il aura compris et soutenu nos ambitions telles qu’elles ont été et demeurent depuis trente années : celles de sauver de l’oubli les trésors d’art que représente la chanson en les chantant ou en les faisant interpréter. Ce qui était étonnant chez cet homme qui sut sans faille remplir ses salles, c’est son absence d’esprit de coterie, qui préside souvent aux réussites qui, du coup, demeurent simplement opportunistes. Son magnifique parcours de découvreur ne fut pas sans épreuves. En particulier au moment où l’Olympia, pour sa sauvegarde appelée au classement comme monument historique, devenait du jour au lendemain objet de tractation bancaire. Ceci lui coûtât bien vite sa place de directeur et d’âme de l’Olympia. Il connut alors une véritable blessure qui n’eut de consolation que l’estime d’un immense cortège d’artistes reconnaissants, comme je le suis moi-même.

Retrouvez-le dans cette captation de l’invitation que nous lui avions faite à venir nous parler d’Anne Sylvestre et Barbara, lors d’une de nos universités. Voyez et entendez : l’homme est là, tout entier dans son intelligence, son courage et sa singulière sensibilité à l’autre.

Jean-Michel, tu manques à la chanson et à ton ami, parmi de nombreux autres.

Je présente mes fraternelles condoléances à Nicole ton épouse, à tes enfants et tes petits enfants.

Serge Hureau

 

Hommage à Jean-Michel Boris

Un véritable homme de culture